Les pratiques clés du DevSecOps

devsecops 7 févr. 2023

Pour rendre la sécurité intégrée, invisible et continue, DevSecOps s’appuie sur un ensemble de pratiques concrètes.
Elles ne sont pas appliquées toutes en même temps. Elles s’ajoutent progressivement, selon la maturité de l’organisation.

L’objectif n’est pas de tout sécuriser immédiatement, mais de sécuriser là où la sécurité a le plus d’impact : au plus proche du code, du pipeline et de la production.

La sécurité doit protéger le flux, pas l’interrompre.

Threat Modeling : anticiper avant de construire

Avant d’écrire une ligne de code, le threat modeling permet d’identifier :

  • les surfaces d’attaque,
  • les zones critiques,
  • les risques métier,
  • les dépendances sensibles.

Ce n’est pas un audit complexe, mais une conversation structurée entre :

  • développeurs,
  • architectes,
  • sécurité,
  • produit.

L’objectif : concevoir avec la sécurité en tête, pas en réaction.


SAST : analyser le code pendant son écriture

Le Static Application Security Testing (SAST) analyse le code source pour identifier des vulnérabilités avant même l'exécution.

Il détecte par exemple :

  • injections SQL,
  • mauvaises validations d’entrées,
  • erreurs cryptographiques,
  • patterns dangereux.

Il s’exécute automatiquement à chaque commit, et fournit un feedback rapide.

Le SAST corrige avant que la vulnérabilité n’entre dans le pipeline.

SCA : maîtriser les dépendances open-source

Une grande partie des logiciels modernes repose sur des bibliothèques externes.
Le Software Composition Analysis (SCA) analyse ces dépendances pour détecter :

  • vulnérabilités connues (CVE),
  • versions obsolètes,
  • licences incompatibles.

C’est essentiel dans un contexte où les attaques ciblent la supply chain logicielle.

Diagramme montrant un projet contenant de nombreuses dépendances

Secrets Management : supprimer les secrets du code

Un problème fréquent : clés API, mots de passe ou jetons stockés dans :

  • le code,
  • des fichiers de configuration,
  • des dépôts Git.

Le DevSecOps impose :

  • des scanners automatiques de secrets,
  • des coffres (Vault, AWS KMS, GCP Secret Manager),
  • des rotations automatisées,
  • une gestion des permissions minimale.
Un secret dans Git n'est pas une erreur mineure. C’est une faille immédiate.

SBOM : connaître ce que l’on déploie

Une Software Bill of Materials (SBOM) est l’équivalent d’une liste d’ingrédients pour le logiciel.

Elle permet de répondre à une question clé :

"De quoi est réellement fait ce que nous mettons en production ?"

Elle devient essentielle pour :

  • la conformité,
  • l’investigation d’incidents,
  • la remédiation rapide lors de vulnérabilités mondiales.

IaC Security : sécuriser l’infrastructure programmée

Avec l’Infrastructure as Code (Terraform, Ansible, Helm…), l’infrastructure devient versionnée et programmable.

DevSecOps vérifie automatiquement que :

  • les ports ne sont pas exposés inutilement,
  • les rôles IAM sont minimaux,
  • les services cloud ne sont pas publics par erreur,
  • les configurations suivent les benchmarks CIS.

L'objectif : empêcher la mauvaise configuration de devenir une vulnérabilité structurelle.


Zero Trust : ne jamais supposer la confiance

Zero Trust repose sur un principe simple :

Rien n’est implicitement fiable.
Tout doit être vérifié.

Il s’applique à :

  • les identités,
  • les accès,
  • le réseau,
  • les dépendances externes.

Cela réduit l’impact potentiel d’un incident.


Monitoring et observabilité centrés sécurité

Une organisation DevSecOps ne se contente plus de détecter les incidents techniques.
Elle observe aussi :

  • comportements anormaux,
  • tentatives d’accès,
  • changements non autorisés,
  • dérives de configuration.

Cette observabilité permet :

  • une détection précoce,
  • une meilleure réponse aux incidents,
  • une amélioration continue.

En résumé

Les pratiques du DevSecOps transforment la sécurité en un processus actif, distribué et intégré.
Elles permettent d’identifier les risques tôt, de prévenir les erreurs et d’accélérer la livraison en supprimant les surprises tardives.

DevSecOps ne cherche pas la perfection.
Il cherche un système où le risque est maîtrisé dès la source.

Avec ces pratiques, la sécurité cesse d’être un frein et devient un accélérateur fiable.

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Davy Lassechere

Ingénieur Coach DevOps