Le Golden Circle appliqué au DevOps
Le DevOps est souvent abordé par ses outils, ses pipelines, ses technologies. Pourtant, ces éléments ne représentent que la partie visible du sujet.
Pour comprendre ce qu’est réellement le DevOps, il est utile de revenir à un modèle simple et puissant introduit par Simon Sinek : le Golden Circle.
Ce modèle repose sur trois cercles concentriques :
- Why (Pourquoi)
- How (Comment)
- What (Quoi)
Le DevOps ne devient cohérent que lorsque son “pourquoi” est clair.
Why : pourquoi le DevOps existe
Le DevOps répond à un besoin profondément humain et organisationnel : réduire la friction entre ceux qui construisent et ceux qui exploitent.
Historiquement, développement et exploitation fonctionnaient séparément.
Cette séparation créait des délais, des tensions et parfois une perte de sens.
Le DevOps naît de la volonté de :
- livrer de la valeur plus rapidement,
- réduire le Time To Market,
- mieux répondre aux besoins des utilisateurs,
- créer des équipes alignées plutôt qu’opposées,
- transformer l’IT en moteur du changement plutôt qu’en centre de coûts.
Le DevOps existe parce que les organisations ont besoin d’un système plus fluide, plus fiable et plus humain.
How : comment le DevOps transforme l’organisation ?
La raison d’être du DevOps se traduit à travers des pratiques, des processus et une culture.
C’est ici que les trois voies, l'amélioration continue et l’esprit de collaboration entrent en jeu.
Le comment s’affirme à travers :
- l’automatisation,
- les pipelines CI CD,
- l’Infrastructure as Code,
- le feedback rapide,
- l’observabilité,
- la responsabilisation partagée.
Mais il s’exprime aussi dans des comportements :
- post-mortems sans blâme,
- transparence sur les décisions,
- apprentissage collectif,
- communication simplifiée.
Le DevOps n’est pas seulement une méthode.
C’est une posture.
What : ce que produit le DevOps
Lorsque le “pourquoi” est clair et que le “comment” est cohérent, le résultat devient visible.
Le DevOps produit :
- des livraisons plus fréquentes,
- des déploiements fiables,
- une meilleure qualité produit,
- une réduction des incidents,
- une amélioration du rapport coût / valeur,
- une organisation capable d’apprendre.
Le quoi est souvent visible à travers :
- Kubernetes,
- Terraform,
- GitHub / GitLab CI,
- monitoring centralisé,
- catalogues self-service,
- plateformes internes.
Mais ce ne sont que des manifestations, pas l’essence.
Le DevOps ne se mesure pas à ce que l’on installe, mais à ce que l’on améliore.
Une inversion fréquente : commencer par le "quoi"
Beaucoup d’organisations adoptent le DevOps en commençant par le dernier cercle :
elles choisissent d’abord les outils.
Elles installent Kubernetes, Terraform, HashiCorp Vault, ArgoCD… souvent avant d’avoir défini :
- pourquoi elles changent,
- ce qu’elles cherchent à résoudre,
- quelles habitudes doivent évoluer.
Cela conduit parfois au DevOps cosmétique : moderne à la surface, inchangé en profondeur.
Lorsque le modèle s’aligne
Quand une organisation suit l’ordre naturel du Golden Circle, la transformation devient plus fluide.
| Cercle | Question | Effet |
|---|---|---|
| Why | Pourquoi change-t-on ? | Sens, motivation, alignement |
| How | Comment allons-nous faire ? | Méthode, pratiques, culture |
| What | Qu’allons-nous utiliser ? | Outils, automatisation, plateformes |
Le Golden Circle transforme le DevOps d’un projet technique en mouvement stratégique.
En résumé
Le Golden Circle rappelle que le DevOps n’est pas une collection d’outils ou une tendance.
Il est une réponse à un besoin clair : permettre à une organisation d’apprendre, livrer et évoluer avec davantage de cohérence et de fluidité.
On ne fait pas du DevOps pour avoir des pipelines.
On fait du DevOps pour mieux créer de la valeur.
Lorsque le “pourquoi”, le “comment” et le “quoi” sont alignés, le DevOps cesse d’être un slogan et devient une culture.

